Les Éditions Maspero : histoire d'une maison mythique

Fondées en 1959 par François Maspero, disparues en 1983 — édition engagée, catalogue anticolonialiste et héritage repris par La Découverte

Maison disparue. Les Éditions Maspero n'existent plus depuis 1983. Cette page retrace leur histoire et leur héritage ; pour soumettre un manuscrit aujourd'hui, voir la section « Publier aujourd'hui » et l'héritière, les Éditions La Découverte.

Les Éditions Maspero : histoire d'une maison engagée

Les Éditions Maspero (officiellement Éditions François Maspero) sont une maison d'édition française fondée le 20 février 1959 à Paris par François Maspero (1932-2015), libraire et futur écrivain. Leur création est indissociable de la librairie La Joie de lire, que Maspero avait reprise en 1957 au 40 rue Saint-Séverin, dans le Quartier latin — un lieu devenu point de ralliement de plusieurs générations militantes, « clairement à gauche de la gauche ».

Créée en pleine guerre d'Algérie, la maison s'est imposée comme l'un des grands foyers de l'édition anticolonialiste et tiers-mondiste. Ses premières collections, « Cahiers libres » et « Textes à l'appui », publient des ouvrages sur la torture et les crimes de guerre en Algérie, et contestent l'« ossification stalinienne » du Parti communiste français. Ces choix éditoriaux lui valent une censure intense : l'historien Jean-Yves Mollier rappelle que « l'acharnement policier a coûté cher à un éditeur qui fit l'objet de dix-sept condamnations ». François Maspero fut surnommé « l'homme le plus plastiqué de France ».

Sources : Wikipédia — Éditions Maspero, Wikipédia — François Maspero, Wikipédia — La Joie de lire.

Frise chronologique — Maspero, de 1955 à La Découverte

Sources : Wikipédia — Éditions Maspero, Wikipédia — La Joie de lire, Revue Esprit, François Gèze.

Catalogue & auteurs mythiques

En un peu plus de vingt ans, Maspero a constitué un fonds de plusieurs centaines de titres qui ont durablement marqué la pensée critique francophone. La maison réédite Paul Nizan (Aden Arabie, Les Chiens de garde, avec une préface de Jean-Paul Sartre), publie Che Guevara, donne une importance centrale aux questions du sous-développement et du néocolonialisme, et accueille des historiens comme Pierre Vidal-Naquet et Jean-Pierre Vernant.

Frantz Fanon — Les Damnés de la terre

Publié fin 1961 aux Éditions François Maspero, avec une préface de Jean-Paul Sartre, le dernier livre de Frantz Fanon est saisi à sa sortie en pleine guerre d'Algérie. Devenu un classique du tiers-mondisme, il a inspiré des générations de mouvements de libération anticoloniale.

Frantz Fanon — L'An V de la révolution algérienne

Paru chez Maspero en 1959, l'un des premiers grands titres anticolonialistes de la maison, lui aussi visé par les interdictions du pouvoir gaulliste, à l'image de plusieurs ouvrages du catalogue sur la guerre d'Algérie.

La revue Partisans (1961-1973)

Lancée par Maspero, la revue Partisans est l'un des laboratoires intellectuels de la maison. C'est dans ses pages que Georges Perec publie certains de ses premiers textes. À la fin des années 1970 naît également la revue de géopolitique Hérodote, dirigée par Yves Lacoste.

L'héritage : de Maspero à La Découverte

Au début des années 1980, après une nouvelle période difficile, François Maspero décide de « passer la main ». En 1982, il cède sa maison à son collaborateur François Gèze — entré dans la maison en 1980, après avoir dirigé depuis 1977 la collection du Cedetim — pour un franc symbolique, et démissionne sans indemnités. À cinquante ans, il quitte définitivement l'édition qu'il avait créée.

La seule condition posée par Maspero était que son nom, qui était la raison sociale, ne soit pas conservé. François Gèze rebaptise donc la structure La Découverte : d'abord La Découverte-Maspero en février 1983, puis simplement Éditions La Découverte en janvier 1984. La nouvelle maison recentre progressivement son catalogue sur les sciences humaines et sociales tout en préservant le « fonds Maspero », ces centaines de titres qui avaient contribué à faire bouger les visions du monde.

Sources : Wikipédia — Éditions Maspero, Revue Esprit, témoignage de François Gèze.

La maison héritière

Le fonds et l'esprit de Maspero se perpétuent aujourd'hui dans les Éditions La Découverte, maison de référence en sciences sociales.

Avis Éditions La Découverte

La maison existe-t-elle encore ? Publier aujourd'hui

Non : les Éditions Maspero n'existent plus. Il est donc impossible d'y envoyer un manuscrit. Toute « adresse Maspero » ou « service des manuscrits Maspero » que vous pourriez croiser en ligne serait obsolète, la maison ayant disparu le 1er février 1983.

Si votre projet s'inscrit dans la lignée intellectuelle de Maspero — essai engagé, sciences sociales, histoire critique, questions postcoloniales — l'interlocutrice naturelle est aujourd'hui son héritière directe, les Éditions La Découverte, qui ont repris le fonds et poursuivent une partie de cette ligne éditoriale. Notre fiche détaille leur ligne, leurs domaines et la procédure d'envoi de manuscrit.

Pour un autre type de projet, ou pour comparer plusieurs maisons selon votre genre, consultez notre comparatif des maisons d'édition avant de vous décider.

En résumé

  • Maspero : maison disparue (1983)
  • Héritière : La Découverte
  • Aucun envoi possible « chez Maspero »
  • Comparer avant de soumettre

Questions fréquentes sur les Éditions Maspero

Non. Les Éditions Maspero ont disparu le 1er février 1983. Leur fonds et leur structure ont été repris par François Gèze, qui a renommé la maison La Découverte (d'abord La Découverte-Maspero en 1983, puis simplement La Découverte en janvier 1984).

Les Éditions Maspero ont été fondées le 20 février 1959 à Paris par François Maspero (1932-2015), libraire installé au Quartier latin avec sa librairie La Joie de lire, 40 rue Saint-Séverin.

Créées en pleine guerre d'Algérie, les Éditions Maspero publiaient des ouvrages sur la torture et les crimes de guerre, ainsi que des auteurs anticolonialistes. Selon l'historien Jean-Yves Mollier, la maison a fait l'objet de dix-sept condamnations, et François Maspero fut surnommé « l'homme le plus plastiqué de France ».

La maison a notamment publié Les Damnés de la terre de Frantz Fanon (1961, préface de Jean-Paul Sartre) et L'An V de la révolution algérienne (1959), réédité Paul Nizan, publié Che Guevara et lancé la revue Partisans, où Georges Perec a fait paraître ses premiers textes.

Comme Maspero n'existe plus, aucun envoi n'est possible « chez Maspero ». Pour un essai engagé ou un ouvrage de sciences sociales, l'interlocutrice naturelle est l'héritière directe, les Éditions La Découverte. Consultez notre fiche La Découverte pour la procédure, et notre comparatif pour choisir la maison adaptée à votre projet.

Le « fonds Maspero », soit des centaines de titres accumulés en deux décennies, a été préservé et repris par les Éditions La Découverte, qui en rééditent une partie. Des classiques comme Les Damnés de la terre de Frantz Fanon sont aujourd'hui disponibles au catalogue de La Découverte.

Pour aller plus loin

Avis Éditions La Découverte

L'héritière directe de Maspero : sciences sociales engagées et procédure d'envoi de manuscrit.

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Comparatif des maisons

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